Arrêter la construction neuve en Ile-de-France pour faire face aux limites planétaires : résumé de l’étude

newbuilds works and cranes

Arrêter la construction neuve : une question motivée par l’urgence climatique

L’urgence climatique, le poids environnemental de l’immobilier, l’importance de l’effort de rénovation et de l’arbitrage à venir entre rénovation et construction sont aujourd’hui avérés. Devant ce constat, ne faudrait-il pas arrêter la construction neuve en Ile de France pour faire face aux limites planétaires ? Quels sont les impacts environnementaux de la construction neuve en Ile de France ? Son arrêt -il faisable ? Si oui, quel protocole d’arrêt faudrait-il enclencher pour prendre en compte les aspects économiques et sociaux ? L’étude répond à ces questions. Elle limite son périmètre à l’arrêt des logements, bureaux et commerces. Elle en exclue les actifs suivants : bâtiments de production, bâtiments de logistiques et équipements publiques. Cependant, elle prend en compte les 23 millions de m2 de logements, bureaux et commerces déjà engagés ou restants à construire du Grand Paris. L’étude envisage en effet l’arrêt après le Grand Paris.

L’étude de l’arrêt de la construction neuve s’appuie sur des scénarios et études qui font autorité

Cette étude croise des éléments établis par des organismes et acteurs reconnus du domaine. Pour la faisabilité, elle s’appuie sur 2 scénarios. Tous deux sont basés sur des trajectoires et hypothèses définies par l’INSEE en termes de fécondité, espérance de vie et soldes migratoires.  Un premier, appelé « Business as Usual », reflète les tendances de ces dernières années. Le deuxième reflète les hypothèses basses de l’INSEE pour ces mêmes indicateurs.

L’impact environnemental de la construction neuve en Ile de France est fort

Pour commencer, l’étude révèle un fort impact environnemental de la construction neuve : majeur pour l’artificialisation et les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) et significatif pour la consommation de matière et la génération de déchets. Y mettre un terme diviserait par deux l’artificialisation régionale annuelle. Cela éviterait aussi d’engager annuellement 8 millions de tonnes d’émissions de GES.  Cela prend en compte les produits de construction et équipements des bâtiments et les émissions dues à leur exploitation. Ce gain est équivalent à 20% des émissions annuelles régionales de GES liées à l’énergie. En outre, l’arrêt ferait gagner 8 millions de tonnes de matière par an, soit 8% des importations et extractions locales annuelles. Pour les déchets ce serait 8% de gain par an de déchets régionaux avec 3,4 millions de tonnes de déchets en moins par an. Ces impacts justifient pleinement la question du renoncement à la construction.

L’arrêt de la construction neuve est faisable pour les bureaux et commerces, plus problématique pour les logements

Partant de ce constat, l’étude questionne ensuite la faisabilité de l’arrêt. Pour les bureaux et les commerces et quel que soit le scénario, cela est faisable. Pour de nombreux sous-scénarios, il n’y a même pas besoin des commerces et bureaux neufs du Grand Paris. La réponse est plus nuancée pour les logements. Dans le scénario tendanciel et avec un faible recyclage urbain, l’arrêt n’est pas possible. Cependant avec des hypothèses basses d’évolution démographiques et un recyclage urbain plus important, c’est faisable. Dans tous les cas, la régénération urbaine peut en produire une grande partie. C’est à dire principalement par transformation de friches et par rénovations urbaines. Dans une moindre mesure par densification horizontale. De manière plus marginale par densification verticale ou par recyclage de bureaux et commerces. Cela n’est possible qu’en adaptant qualitativement la production aux capacités économiques réelles des franciliens, à l’évolution de la taille des ménages et aux besoins liés aux effets pendulaires. Quant à la question de la maison individuelle, très sensible politiquement et malgré les impacts environnementaux avérés, ce facteur n’a pas été retenu comme prépondérant.

Le flex office, le télétravail et le coût des bureaux permettent de réduire significativement les besoins en surface de bureaux

Pour les bureaux, l’étude examine divers facteurs pouvant influencer le besoin en surface. La démographie est prise en compte à travers les 2 scénarios démographiques de l’INSEE. Nous n’avons trouvé aucun signe tangible montrant que la part de la population active de bureaux pourrait évoluer. Par précaution, nous n’avons pas écarté le levier de la vacance des bureaux pour l’arrêt de la construction neuve. Nous avons cependant constaté une tendance forte de 3 phénomènes : le flex office, le télétravail et le coût des bureaux qui en se cumulant permettent de réduire de manière très conséquente la surface nécessaire de bureaux. A tel point qu’il se pose aujourd’hui le problème de surproduction et sur-offre de bureaux, amplifiée par le Grand Paris qui prévoit beaucoup de bureaux.

L’évolution du e-commerce est le facteur le plus prépondérant pour les commerces

Ensuite, concernant les commerces, outre l’évolution de la démographie en Ile de France prise en compte dans les deux scénarios, l’évolution de la vacance commerciale, de la densité commerciale (en m2 de commerces par habitant) et du tourisme, du fait de son rôle particulier dans la Région Ile de France, jouent sur le besoin en surfaces de commerces à construire. Mais c’est l’impact de l’évolution du e-commerce qui est le facteur le plus prépondérant. Il justifie à lui seul que construire de nouveaux commerces n’est pas nécessaire, ceci dans tous les scénarios.

Démographie et nombre de logements construits par ménage sont les facteurs clefs pour réduire le besoin en surface des logements

Les conclusions sur les logements reposent d’abord sur l’examen de leviers qui permettent de réduire la surface à construire. La démographie est le facteur le plus important. Mais un facteur nous a paru clef, bien plus que le tourisme,  les résidences secondaires, la taille des logements, le vieillissement de la population et la vacance des logements. Il s’agit du nombre de logements construits par nouveau ménage. Aujourd’hui nous en construisons pratiquement 2 fois plus que de ménages supplémentaires. Agir sur ce ratio permettrait une réduction importante du nombre de logements à construire.

Les offres de régénération urbaine permettent aussi de réduire le besoin en construction neuve de logements

Enfin, des solutions existent pour combler les besoins en logement sans construire, donc par la régénération urbaine mentionnée plus haut : valorisation des friches, rénovation urbaine, densification horizontale et verticale, recyclage de bureaux et de commerces.  L’étude a aussi identifié des offres émergentes de type co-living, habitat intergénérationnel et le foncier dit « invisible ».

Que faire des 210 000 emplois de la construction neuve  en Ile de France?

L’impact environnemental avéré et la faisabilité de l’arrêt vérifié, l’étude se penche ensuite sur la question de la faisabilité sociale et économique de cette transformation. La redirection écologique accorde une importance majeure à ces aspects. Que faire des 210 000 emplois de la construction neuve? Comment faire basculer l’économie du secteur du bâtiment de la construction à la rénovation. La première est aujourd’hui repartie à part égale entre construction et rénovation. Dans l’économie de la rénovation, nous n’aurions plus que 20% d’activité liée aux nouvelles constructions et 80% de l’activité liée la rénovation.  Pour cela trois pistes principales sont identifiables. En premier lieu : la décarbonation de l’énergie liée au parc existant. Ensuite : la rénovation énergétique du parc existant. Enfin, la rénovation urbanistique des villes avec notamment les rénovations liées aux changements de modes de vie, comme la mobilité électrique.

La faisabilité politique difficile et des visions du monde freinent la démarche

Arrêter la construction neuve est difficile politiquement. Pour cause : le poids économique du secteur immobilier, son caractère diffus, le nombre d’acteurs. Sans oublier la délicate question du logement social et l’importance de la participation locale dans la politique du logement. Aussi, des visions du monde freinent la démarche de l’arrêt de la construction. Ce sont par exemple : la course à l’attractivité internationale ou l’orientation vers le neuf des métiers de l’immobilier.

Mais une dynamique bien enclenchée va dans le sens de l’arrêt

Néanmoins, une dynamique déjà enclenchée favorise la bascule vers la rénovation. La politique plus agressive de zéro artificialisation nette, les évolutions des règles d’urbanisme, un encadrement plus strict des prêts immobiliers sont autant d’outils efficaces pour maitriser et réduire la nouvelle construction. Nous pouvons tout à fait imaginer que ces tendances se poursuivent. De plus, un bon nombre de nouvelles approches telles que la mixité fonctionnelle, la réversibilité des immeubles, la remise en question de l’architecture et des architectes et les réflexions sur de nouveaux régimes de propriété vont dans le sens de l’arrêt au profit de la rénovation.

L’étude sur l’arrêt de la construction neuve met donc en lumière une tendance de fond qu’il va falloir désormais organiser

L’étude donc met en lumière des tendances de fond déjà à l’œuvre et permet de proposer des recommandations. Elle montre ainsi qu’il faut revoir le projet du Grand Paris , que le développement de surfaces de bureaux et de commerces doit faire l’objet d’une vigilance.  Si des démarches de sobriété et d’urbanisme circulaire sont déjà en cours de développement et il est reste à mettre en œuvre un accompagnement des acteurs vers une économie de la rénovation et à préciser les modes de définitions des besoins sobres.

Le contexte et les auteurs de l’étude

Cette étude a été réalisée dans le cadre d’une commande de redirection écologique par Arp Astrance au Msc Design & Stratégie for the Anthropocene. Hervé Moal (Loma Management) est à l’origine de ce questionnement visionnaire. Hervé Moal (Loma Management pour le compte de Arp Astrance) et deux étudiants du master :  Philippe Bouteyre (Praxilience) et William van Gelderen Plannier en sont les auteurs.

Le Msc Design & Stratégie for the Anthropocene est la première formation au monde  de redirection écologique. La redirection écologique part du constat de l’Anthropocène pour faire atterrir les organisations dans les limites planétaires. Quitte a fermer certaines activités délétères ou empêcher d’autres d’advenir. Pour cela, la démarche est basée sur l’enquête et le design, permettant de se rapprocher au plus près des acteurs pour rendre la redirection faisable et sortir « par le haut (le moins bas possible) »  (A.Monnin, 2021) de cette situation. Enfin, cette approche entend dépasser celles, résolument inopérantes, de développement durable, RSE et croissance verte.

La synthèse complète de l’étude est disponible sur demande.

Renoncer à la construction neuve au profit de la rénovation?

Conference on ecological redirection

Devrait-on, pour rentrer dans les limites planétaires, renoncer à la construction neuve de certains actifs en Île-de-France au profit de la rénovation globale du stock ?

Est-ce faisable d’arrêter la construction neuve en Ile de France?  Quel protocole de renoncement engager pour que cela se passe le mieux possible ? C’est le thème d’une commande de redirection écologique  dont Alexandre Monnin, Herve Moal et Philippe Bouteyre (Praxilience)  ont présenté les résultats lors de la journée du climat organisée par l’APCC le 3 Novembre, au Salon des Élus et Décideurs des Territoires d’Ile-de-France SELIF. La société Arp Astrance a fait la commande de cette étude au Msc « Strategy & Design for the Anthropocene ». Elle en a confié la réalisation à Hervé Moal (Loma Management pour Arp Astrance), Philippe Bouteyre (Praxilience) et William van Gelderen.

La redirection écologique, une voie à explorer :

La redirection écologique est enseignée par le MSc « Strategy & Design for the Anthropocene » dirigé par Alexandre Monnin qui en a présenté les principes. Cette approche prend comme point de départ le constat des ruptures à  engager afin demeurer à l’intérieur des limites planétaires. Il s’agit de « sortir par le haut (le moins bas possible) » d’une situation dans laquelle nous dépendons « à court terme de modèles et d’infrastructures (la Technosphère) qui menacent l’habitabilité de la Terre à moyen terme ».

La question est donc de savoir comment « hériter de ce à quoi nous sommes diversement attachés » et « d’inventer les moyens techniques et démocratiques de faire atterrir/fermer/désaffecter-réaffecter des réalités non-soutenables.  »

Alexandre Monnin, Diego Landivar et Emmanuel Bonnet   ont developpé ces concepts dans leur essai  » Heritage et Fermetures » (Editions Divergences).

La construction neuve : un impact environnemental fort

La construction neuve a un impact fort sur l’environnement : majeur en termes d’artificialisation et en termes d’émissions de CO2 et très significatif en termes de consommations de matériaux et de génération de déchets. Il y a un donc besoin  urgent : arrêter la construction neuve.

L’arrêt de la construction est faisable, dans une certaine mesure

Partant de ce constat, l’arrêt de la construction neuve en Ile de France est il faisable? La réponse est oui dans le commerce, oui dans le bureau,  pas complètement dans le logement.  Toutefois, on peut réduire très fortement la construction dans le logement en engageant des efforts de régénération urbaine .

Selon quel protocole de renoncement?

L’étude se penche ensuite sur les aspects économiques et sociaux de cette transformation. En effet,  la redirection écologique accorde une importance majeure aux enjeux économiques et sociétaux.  Que faire des 210 000 emplois de la construction neuve ? L’économie du secteur du bâtiment est aujourd’hui répartie à part égale entre construction et rénovation. Comment la faire basculer  vers une économie de la rénovation ou nous n’aurions plus que 20% d’activité liée aux nouvelles constructions et 80% de l’activité liée la rénovation ?  Pour cela, trois pistes principales : la décarbonation de l’énergie liée au parc existant, la rénovation énergétique du parc existant, la rénovation urbanistique des villes avec notamment les rénovations liées aux changements de modes de vie.**

Malgré des freins politiques et d’ordre cosmologiques, les outils et nouvelles approches et visions du monde ne manquent pas pour favoriser la bascule de la construction vers la rénovation, comme par exemple, la remise en question de l’architecture et des architectes ou de nouvelles approches de la propriété. Ces leviers sont détaillés dans l’étude.

La redirection écologique

L’étude met en lumière des tendances de fond déjà enclenchées. Elle permet de proposer des recommandations :  revoir le projet du Grand Paris, être vigilant face au développement de surfaces de bureaux et de commerces. Certes, des démarches de sobriété et d’urbanisme circulaire sont déjà en cours de développement. Il reste néanmoins à mettre en œuvre un accompagnement des acteurs vers une économie de la rénovation. Il faut aussi préciser les modes de définitions des besoins sobres

Face à l’urgence climatique,  les transformations qui s’imposent à nous sont gigantesques. Il donc est légitime de chercher à renforcer notre manière d’agir avec de nouvelles stratégies écologiques.  Cet exemple sur le thème de l’arrêt de la construction neuve le montre : la redirection écologique représente un cadre opérationnel en Anthropocène et une voie à explorer .

Pour aller plus loin

Replay  et support de la presentation.

Résumé de l’étude à venir.

Nous contacter.

Engager la redirection écologique dans les organisations et les territoires

Horizons Publics Engager la redirection écologique

Hors-série « Engager la redirection écologique dans les organisations et les territoires » 

Qu’est-ce que la redirection écologique ?  Pourquoi parler de redirection plutôt que de transition, de développement durable ou de responsabilité sociétale des entreprises ? Comment engager la redirection écologique? Quelles sont les méthodes de la redirection ?

En quoi cette  nouvelle approche peut elle être utile pour mieux prendre en compte les limites planétaires et faire face à la situation écologique et climatique de l’Anthropocene ? Quelles organisations et collectivité locales explorent déjà cette manière nouvelle de concevoir  des stratégies et des les politiques publiques ?

Ce numéro a été réalisé en partenariat avec les 26 élèves de la promotion 2020-2021 du MSc « Stratégie et Design pour l’Anthropocène ».  Cette formation unique en France prépare la future génération de « redirectionnistes » en entreprises, en organisations publiques et dans les territoires.

Il contient des articles de fond sur le thème de la redirection écologique.  Il inclue aussi des exemples de travaux de redirection. L’un d’eux porte sur le renoncement  aux infrastructures sportives et à la construction neuve.

1ère table ronde sur la biodiversité en ville et dans l’entreprise

biodiversité en ville, design plus qu'humain

La biodiversité en ville et en entreprise

Week end, riche d’échanges autour de la biodiversité en ville, organisé par  Yves Emo et réunissant des professionnels et experts du sujet

William Van Gelderen Plannier et Philippe Bouteyre (Praxilience) y ont présenté le dispositif qu’ils ont designé pour prendre au sérieux la biodiversité dans le contexte d’un aménagement de quartier.
Ce dispositif utilise des concepts novateurs enseignés par le Msc Design et Stratégie pour l’Anthropocène porté par ESC Clermont Business School et Strate, Ecole de Design de Lyon et dirigé par

Alexandre Monnin . Il a été testé dans le cadre de leur enquête redirection écologique pour ARP Astrance sur le sujet de la construction neuve en Ile de France.

 L’Anthropocène pour cadre et point de départ de la redirection écologique

Présentation par William et Philippe

Le Master of Science « Strategy & Design for the Anthropocène » est la première formation au monde doté d’une visée opérationnelle qui prend l’Anthropocène pour cadre et point de départ.  Ce master forme à la « redirection écologique« . Il s’appuie sur l’approche de design, qui s’appuie sur la démarche

d’enquête. Le concept d’Anthropocène désigne une époque géologique nouvelle marquée par les conséquences des activités de l’homme. Le changement climatique, l’érosion de la biodiversité e

n sont des marqueurs.  La redirection écologique part du constat que les

approches de type croissance verte, développement durable ou RSE sont dépassées. Les « redirectionnistes » aident donc les entreprises et les institutions à imaginer de nouvelles stratégies pour s’aligner sur les limites planétaires. Cela veut dire tenir compte des contraintes écologiques et climatiques liées à l’anthropocène. Quitte à fermer certaines activités qui menacent l’habitabilité de la Terre.

La démarche d’enquête pour porter attention a une pluralité de visions sur des enjeux a découvrir

La redirection écologique s’appuie sur le design, qui s’appuie sur l’enquête. Cela afin de mieux comprendre les incertitudes des acteurs humains et non humains. Par l’enquête, il s’agit surtout, en partant de la réalité du terrain, de porter attention à une pluralité de visions sur des enjeux qui sont à découvrir. Il s’agit d’éclairer des angles morts, de rendre visibles des attachements, de mettre en lumière des antagonismes et des complémentarités. En pratique, le travail d’enquête nécessite de réaliser des entretiens, des recherches bibliographiques. Cela nécessite d’absorber tous ces éléments avec un temps de réflexion et de maturation avant de pouvoir restituer sous la forme qui permette le mieux d’avancer.

Une enquête sur l’arrêt de la construction neuve en Ile de France.

Arp Astrance est une agence spécialisée dans le domaine de l’immobilier. Elle est composée de 4 pôles dont un spécialisé en biodiversité. C’est donc pour cette agence que William et Philippe mènent une enquête sur l’arrêt de la construction neuve en Ile de France. Dans cette enquête, la prise en compte de la biodiversité est un élément clef. Ceci pour plusieurs raisons : tout d’abord, diminuer l’impact en dehors de la ville en limitant l’étalement urbain. La densification urbaine est donc un levier important.  Car il permet de limiter les impacts sur la biodiversité. Mais il contient des effets pervers.  En effet, densifier peut renforcer l’impact sur la biodiversité urbaine.  L’effondrement de la biodiversité s’opère autant dans les milieux naturels que dans les villes. Il y a donc un risque d’inadaptation au changement climatique. Pour cette raison, il est essentiel de trouver de nouvelles approches pour prendre en compte la biodiversité dans les aménagements urbains.

Un dispositif pour prendre au sérieux tou.te.s les acteurs et leurs modes de production de sens humains ou non humains

Le dispositif d’atelier conçu par William et Philippe permet justement cette prise en compte. En effet son principe est celui d’un un jeu de rôle et de design fiction à la fois. De plus, il s’agit de faire réfléchir autour de l’aménagement d’un quartier en se plaçant dans un cadre futur et en empruntant des rôles dont certains peuvent paraitre inhabituels : le maire, le rénovateur immobilier, la mésange, les bâtiments, les générations futures. C’est donc une invitation à prendre au sérieux tou.te.s les acteurs et leurs modes de production de sens, que ce soient des humains ou des non-humains. Même si cela peut paraître à priori irrationnel. Le cadre prospectif permet d’inscrire les débats dans un temps long ce qui est pertinent pour aménager un quartier.  C’est ce qui a été expérimenté avec succès avec le comité directeur de Arp Astrance.

William et Philippe envisagent de continuer à développer ce type de dispositif. Ils souhaitent le proposer en l’adaptant aux collectivités qui souhaiteraient l’expérimenter. Si intéressés les contacter directement.

Cours d’introduction aux Systèmes de Systèmes à l’Ecole CentraleSupelec

Vendredi 26 Mars 2021 Yann Chazal et Philippe Bouteyre  ont eu l’honneur de partager  à 35 élèves ingénieurs en dernière année de l’école CentraleSupelec leur intérêt pour les Systèmes de Systèmes.  Cette intervention était la première d’un module d’enseignement créé par Andreas Makoto Hein pour  l’école CentraleSupelec.  Ce module, dédié spécialement aux Systèmes de Systèmes, est une nouveauté dans les formations d’ingénieur.

Yann et Philippe ont expliqué ce qu’ils ont compris de ce sujet, montré des exemples d’application et proposé quelques recommandations issues de leur  expérience.

Les entreprises sont de plus en plus confrontées, de façon consciente ou non, à des contextes relevant des Systèmes de Systèmes.

Mais que se cache t-il donc derrière ce nom de Système de Système?

En réalité, on peut y voir à la fois :

    • Un type de système complexe particulier avec des caractéristiques donnant lieu à des difficultés (impacts macro, collaborations, intégration) ou des risques (acceptabilité, incertitudes, résilience).
    • Une méthodologie opérationnelle capable de s’intégrer dans les processus des entreprises, en étendant et adaptant les pratiques de l’ingénierie systèmes « model-based ».
    • Une approche pour structurer sa réflexion, la positionner dans l’évolution, y intégrer plus d’interactions de nature et d’échelle différentes.

C’est donc une démarche qui participe à la réflexion stratégique; elle aide à se repérer et s’orienter.

Cette pratique portée par une communauté dynamique reste toutefois toutefois relativement récente et peu visible. Enfin, elle donne lieu à des questions ouvertes passionnantes restant à explorer. Il s’agit des questions liées à la dynamique d’évolution des Systèmes de Systèmes, leur dépendance à leur milieu, leurs cycles, leurs bifurcations possibles, leur aptitude à l’auto-organisation selon les modes de gouvernance et le rôle pris par les hommes.

Autant de clés d’un savoir-faire qui reste largement à acquérir pour les acteurs économiques.

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Depuis le 22 Aout, l’humanité vit à crédit… Il est temps de faire son Bilan Carbone®.

une foret est un puit de carbone naturel.

 

D’après le Global Footprint Network, depuis le 22 Aout (jour du dépassement), l’humanité vit à crédit écologique . Elle consomme, pollue et émet des émissions de gas à effet de serre à un rythme effréné.  A tel point que  la biosphère n’arrive pas à suivre.

Heureusement, des solutions existent!  Dans une infographie très complete, l’ADEME explique les enjeux. Elle y recommande aussi un ensemble de bonnes pratiques.

Pour calculer l’emprunte écologique de son activité personnelle,  le Global Footprint Network met à disposition un calculateur.  Celui ci est très simple d’utilisation. Mais pour une organisation, c’est évidemment plus complexe. Dans ce cas, il vaut mieux s’addresser à un professionnel de la comptabilité carbone pour engager sérieusement une transition bas carbone avec un Bilan Carbone®.

 

Retrouvez nous au salon PRODURABLE

Plans de Transition

Aujourd’hui, les « plans de transition » remplacent les « pistes d’actions de réduction » obligatoires dans la réalisation des Bilans d’émissions de Gaz à effet de serre (BEGES).  Ce changement fait suite à l’article 28 de la loi n°2019-1147 relative à l’énergie et au climat du 8 novembre 2019.

Praxilience co-animera pour l’APCC un atelier dédié à ces nouveaux plans de transition lors de l’évènement PRODURABLE le 8 Septembre 2020. Nous sommes impatients de vous y retrouver !

Ceci est dans la continuité de la note de l’APPC « Tirer les enseignements de la crise du COVID-19 pour mieux se préparer au défi climatique ».

Modélisation de la « soutenabilité » avec le concept de Système de Systèmes

Feuilles vertes

Dans cette tribune de France Stratégie, Yann Chazal nous parle d’une approche originale et innovante de modélisation.

Cette approche est basée sur le concept de « Systèmes de Systèmes ».  Elle est aussi particulièrement adaptée à l’élaboration de stratégies d’adaptation bas carbone à l’échelle de territoires.

Yann est expert en Ingénierie des Systèmes Complexes chez Renault.

Entretien réalisé par Julien Bueb et Carole Cocault

Avant d’aborder ce que sont les « systèmes de systèmes », en quoi consiste la modélisation selon vous ?

« Un modèle est une approximation de la réalité ». Je suis à l’aise avec cette définition. Elle suggère d’ailleurs spontanément d’adapter le niveau d’approximation au juste nécessaire de ce qu’on a besoin d’étudier. Néanmoins, lorsqu’on est contraint de ne pas ignorer la dimension complexe du réel – c’est évidemment le cas dans la question des soutenabilités –, la pratique la plus répandue consiste à identifier les interactions, les représenter sous forme de lois de comportement souvent non linéaires et les imbriquer. Je respecte évidemment les modélisateurs qui s’inscrivent dans cette pratique, non seulement parce que ça leur demande beaucoup de connaissances et de savoir-faire, mais aussi car il y a de vrais écueils. En effet, les interactions qu’on peut envisager sont illimitées, et peuvent aussi reposer sur des relations implicites. Dans la mesure où leur hiérarchie d’importance n’est pas préalablement établie, le modélisateur s’interroge toujours sur l’enrichissement nécessaire de son modèle. Par ailleurs, les lois de comportement sont souvent proposées par des experts, mais le modélisateur doit aussi s’approprier leurs limites de validité pour en faire un usage raisonné dans son modèle. 2 Quelles sont les limites intrinsèques à cette démarche de modélisation, davantage répandue ? Ce type de modèle est construit pour calculer la réaction d’un système à une perturbation de son fonctionnement. Sa pertinence se limite donc à des phases de l’évolution où la structure du système ne change pas (sinon ce serait un autre système à simuler). Or nous savons que notre évolution, à l’image d’autres systèmes ouverts auto-organisés, n’est pas seulement faite de phases d’évolution continue, mais aussi d’émergences et recompositions structurelles après des crises.

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Tirer les enseignements de la crise du COVID-19 pour mieux se préparer au défi climatique

Tirer les enseignements de la crise du COVID-19 pour mieux se préparer au défi climatique

La crise sanitaire du Covid19, nous a rappelé la nature systémique des enjeux majeurs de notre époque.

La note de l’APCC, à laquelle PRAXILIENCE a contribué propose des mesures pour rendre plus efficaces les actions des professionnels en conseil climat énergie environnement. Il y est question notamment de développer dans une approche systémique une culture de la prévention et gestion des risques.

Introduction

Les professionnels en conseil climat, énergie et environnement, réunis au sein de l’APCC (Association des Professionnels en Conseil Climat Energie Environnement), accompagnent au quotidien les entreprises privées, structures publiques, collectivités locales et territoires. Leur mission consiste à identifier les risques, en particulier sur les enjeux énergétiques et climatiques, les anticiper et se préparer pour y faire face.

La crise sanitaire en cours nous interpelle par sa brutalité et rappelle que les problèmes majeurs de notre époque (changement climatique, énergie, environnement, santé, sécurité alimentaire, déforestation et mondialisation des productions) ne peuvent pas être compris isolément. Ils sont systémiques, interconnectés et interdépendants. Or notre société est peu entraînée à appréhender ce type de problèmes.

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